A speech to remember: Allocution promotion Falcone & Borsellino

by Prof. Dr. Dr. Jörg Monar, 23 October 2014

Source: ilpost.it, 2012

Source: ilpost.it, 2012

Si les noms de Giovanni Falcone et Paolo Borsellino sont évoqués aujourd’hui la première chose qui vient à l’esprit c’est leur fin tragique dans les attentats sanglants de 1992 sur l’autoroute proche de Capaci et dans la Via d’Amelio à Palerme. Tous les moteurs de recherche du web font apparaître – parfois même plus vite que les photos de vos patrons  – les images terribles des débris qu’ont laissé ces deux bombes de plusieurs centaines de kilo d’explosifs plantés par la Mafia qui ont fait périr non seulement Giovanni Falcone, sa femme et Paolo Borsellino mais aussi plusieurs membres de leurs escorte.

C’est alors que même pour ceux qui n’ont qu’un souvenir ou une connaissance très vague du contexte surgit l’image des deux magistrats italiens qui sont devenus un symbole pour la lutte contre la Mafia, qui en ont fait l’ultime sacrifice et qui sont devenus des héros dans leurs pays et bien au-delà des frontières de l’Italie.

André Malraux a écrit que c’est « la mort qui transforme la vie en destin » (L’espoir, 1937). Mais il ne faut pas se laisser séduire par la tentation d’expliquer toute une vie à travers les circonstances qui l’ont terminée, même si ces derniers sont aussi tragiques et chargées de signification morale, historique et autre :

Non, ce n’était pas la destinée de Giovanni Falcone et Paolo Borsellino de devenir des héros et des victimes par excellence de la lutte contre la criminalité organisée sous sa forme italienne et sicilienne particulière de la Mafia. Leurs carrières ne se sont que graduellement – et sous l’impact de leur réalisation du défi énorme que posait la Mafia à la justice italienne – développé dans la direction qui les a rendu des symboles de la lutte de l’état de droit contre la criminalité organisée :

Giovanni Falcone, né à Palerme le 18 mai 1939 où – quand il était enfant – il fréquentait certains futurs membres de la Mafia dans le même quartier, avait d’abord visé une carrière dans la marine militaire. C’est seulement après déjà avoir commencé ses études à L’académie navale qu’il s’est décidé – peut-être un peu sous l’influence de sa sœur ainée Maria Falcone qui faisait déjà des études en droit à l’université de Palerme – de faire des études en droit pour une carrière dans la magistrature. Après avoir brillamment réussi ses études et après le concours, Giovanni devint à l’âge très jeune de 26 ans préteur (« Pretore ») à Lentini, une petite ville dans l’est de la Sicile, et à partir de 1966 substitut du procureur à Trapani dans l’ouest de la province. Il s’occupait d’abord de dossiers de droit administratif et civil, avec une spécialisation plus tard dans les question du droit de liquidation. C’est seulement graduellement – en parallèle qu’il s’est intéresse au droit pénal et qu’il s’est rendu compte au cours des années 70 de l’ampleur du défi posé par la Mafia pour l’État et la justice. Passionné par l’idée de la justice – même celle de la justice sociale (il était proche de certains idées du « communismo sociale » d’Enrico Berlinguer) – il acceptait et 1979 avec enthousiasme l’offre de devenir juge d’instruction au bureau d’instruction pénal (« Ufficio d’instruzione ») du Tribunal de Palerme sous la direction du juge Rocco Chinnici qui était prêt à explorer de voies nouvelles dans la lutte contre la Mafia.

C’est dans le bureau d’instruction de Palerme que Giovanni Falcone a commencé à travailler avec Paolo Borsellino qu’il connaissait déjà puisqu’ils avaient grandi (et même joué au football) dans le même quartier de Palerme. Né le 19 janvier 1940, il s’était déjà spécialisé dans le droit pénal durant ses études et était devenu en 1963,  à 23 ans, le plus jeune magistrat d’Italie de l’époque. D’une orientation politique différente de Falcone – ses sympathies politiques étaient plutôt sur la droite défendant l’idée d’un État national fort – Borsellino avait commencé, après avoir été « pretore » dans plusieurs ville de Sicile, à travailler dans le bureau d’instruction de Palerme en tant que juge d’instruction déjà en 1975. Il avait donc déjà quelques années d’expérience de plus dans les enquêtes sur le phénomènes mafieux – et était bien conscient de l’ampleur du défi – quand Falcone a rejoint le bureau de Palerme en 1979.

C’est à partir de 1980 que Falcone et Borsellino, qui sont très vite devenus amis,  sont entrés dans la première ligne de la lutte contre la Mafia : Falcone commença à utiliser systématiquement les données des transactions financières et patrimoniales pour élucider les structures de la Mafia, pendant que Borsellino faisait avancer avec grande ténacité plusieurs dossiers touchant les échelons supérieurs de la Mafia. Avec plusieurs autres collègues il formaient le fameux « pool antimafia » où pour la première fois tous les différent dossiers des enquêtes contre la Mafia furent systématiquement liés – ce qui faisait ressortir beaucoup mieux qu’avant les structures et hiérarchies de la Mafia. Cette dernière rétorqua contre la pression grandissante avec de plus en plus d’attentats contre les représentants de la police et de la justice, qui atteignaient un premier point culminant avec l’assassinat du préfet et général des Carabinieri Dalla Chiesa en septembre 1982 et du juge Chinnici en juillet 1983. Malgré le fait qu’ils recevaient de menaces de mort eux-mêmes et devraient déjà vivre sous protection depuis 1980 Falcone et Borsellino persévéraient, utilisant de plus en plus aussi des informations à conviction obtenu à travers la coopération européenne et internationale – Falcone était le premier juge d’instruction établissant un rapport régulier avec le FBI américain – et de la part des repentis (« pentiti ») de la Mafia. Ceci leur permettra d’instruire le fameux maxi-procès (« maxiprocesso ») de 1986-87 qui résulta dans la condamnation de 360 des 474 accusés à 2665 ans de prison ferme en plus de 19 peines à perpétuité. C’était – et ceci grâce aux efforts de Falcone et Borsellino – la première instruction judiciaire qui a considéré la Mafia comme une entité plutôt qu’un ensemble de crimes particuliers, et les images des accusés assemblés devant les juges dans des cages construites le long des murs dans un bunker spécialement conçu et construit pour cette occasion  proche de la prison de l’Ucciardone à Palerme en béton armé, capable de résister à des attaques de roquettes, appartiennent maintenant à l’histoire.

L’instruction du « maxiprocesso » avait demandé un travail de détail énorme, travail largement fait par Falcone, Borsellino et leurs collègues dans un autre « bunker », plus petit et sans fenêtres extérieures mais aussi hautement protégés au sous-sol du Palais de Justice de Palerme. Ils avaient peu de ressources à leur disposition : ils devraient, par exemple, préparer à la main dans le secret le plus absolu durant tout un jour et toute une nuit en septembre 1984 les 366 mandats d’arrêt pour assurer leur exécution tôt le matin (le « blitz » de San Michele). Ils devraient également passer leurs « vacances d’été » de 1985 sous haute surveillance dans une prison sur l’île d’Asinara proche de la Sardaigne pour préparer les actes d’accusation du « maxiprocesso ».  En plus ils devraient face á l’indifférence – et parfois même de l’hostilité – de bon nombre de leurs collègues qui pensaient qu’il fallait mieux s’occuper de dossier moins « chaudes » que ceux de la Mafia. Le support des autorités politiques était – avec plusieurs hommes politiques de premier ordre suspectés de collusion avec les cercles mafieux pour des trafics de votes et financiers – la plupart du temps tiède et intermittent.

Après le maxi-procès Falcone et Borsellino continuèrent avec d’autres enquêtes notamment sur les liens entre la criminalité organisée italienne et américaine et les réseaux de blanchiment d’argent, mais dans un climat de défis croissantes : Malgré le fait que Falcone était regardé comme le candidat un autre juge est nommé chef du bureau d’instruction de Palerme et 1988 qui commence à démanteler le « pool antimafia ». En 1989 Falcone échappe à une première tentative d’attentat de bombe contre lui, mais pas à une campagne de diffamation qui l’accuse de mener la lutte contre la Mafia pour des raisons d’ambition personnelle, allant aussi loin que de suggérer qu’il avait mis en scène lui-même la tentative d’attentat de 1989. Entre-temps un juge à la Cour de cassation, Corrado Carnevale, s’occupait à casser le plus grand nombre possible des jugements rendu par la « maxiprocesso » à cause de vices de procédure. Se sentant bloqué dans son travail à Palermo et personnellement touché par les diffamations Falcone accepta en 1991 l’offre du ministre de la justice Claudio Martelli de venir à Rome pour assumer la position de directeur des affaires pénales dans le ministère. Dans cette fonction il parvient d’abord à éviter les pires effets de l’activité du juge Carnevale à travers une loi permettant la ré-arrestation immédiate des principaux inculpés mafieux libérés par décision de la Cour de cassation et puis à assurer la mise en place d’une autorité centrale pour les poursuites contre la Mafia (« Direzione nazionale antimafia ») avec sa propre branche investigatrice (« Direzione investigativa antimafia ») ayant des pouvoirs sur tout le territoire de l’État. Il avait également la satisfaction de voir en janvier 1992 les sentences du maxi-procès confirmés en dernière instance. Ceci a suffi pour convaincre la Mafia que Falcone était encore plus dangereux à Rome qu’à Palerme. Après des semaines de préparation une deuxième tentative d’attentat met fin le 23 mai 1992 à la vie du juge Giovanni Falcone, sa femme Francesca Morvillo – elle aussi magistrat – et trois membres de leur escorte.

Le juge Falcone est mort – inconscient – dans les bras de son collègue et ami Borsellino qui était devenu le chef du bureau d’instruction de Marsala. Il était à l’époque en train de collationner des informations sur les liens entre la Mafia et le monde politique qu’il notait à cause de leur sensibilité dans un agenda personnel rouge. Il savait qu’il serait le prochain sur la liste. Le 19 juillet 1992, 57 jours après son ami Falcone, c’était son tour : Le juge Paolo Borsellino et cinq officiers de son escorte furent tués par une voiture piégé au moment où le juge voulait rendre visite à sa mère. Son agenda rouge disparait dans des circonstances suspectes sur les lieux.

Falcone et Borsellino se sont senti très souvent très seul dans leur lutte contre la Mafia, et Falcone avait même écrit que dans cette lutte « on meurt généralement quand on est seul » (« si muore generalemente perchè si è soli ») : Après leur mort ils n’étaient plus seuls : Une vague de soutien se levait en Italie, et les images des milliers de manifestants, des drapeaux avec leurs photos, des cierges dans la nuit,  de tous ces citoyens voulant seulement toucher leur corbillard et leur cercueil, appartiennent encore plus à l’histoire que ceux du maxi-procès. Tardivement ils reçurent également les plus hautes reconnaissances de la République italienne, et de la reconnaissance même bien au-delà des frontières de leur pays avec, notamment, l’Union européenne nommant un de ces principaux programmes en matière judiciaire le « Programme Falcone » (1998-2002) et le FBI américain érigeant une statue à Falcone à son académie nationale en Virginie, le seul européen à y figurer.

But Giovanni Falcone and Paolo Borsellino have not been chosen as your patrons because of these images, emotions and public recognitions. They have been chosen for what they stood and will always stand for, both professionally as civil servants and personally as human beings:

As civil servants they have set a huge example – and this in three respects:

Firstly, as defenders of the rule of law and justice:

Their fight against the Mafia was not only about bringing criminals to justice for the crimes they had committed. Organised crime – of which the Mafia is only a very advanced and sophisticated variant and which can be found everywhere in Europe and the world – is more than just a source of criminal acts for the sake of material gain. Via its threats and deeds of violence, via the favours it distributes, via the corruption it extends – often enough not only into the economic but also the political life of a country – it directly questions and undermines the rule of law and justice, replacing the latter for those under its influence by its own system of violent rules and a perverted sense of ‘justice’ which presents murders as acts of ‘just’ retribution.

Falcone and Borsellino knew that they were at the frontline of the defence of the rule of law and justice, that what was at stake was not a few more or less prison sentences, but the very survival of the concept of justice and the rule of law in in their much loved province of Sicily, in their country as a whole: That is one reason why they went as far in their dedication as they did. They saw the wider responsibility for fundamental values they had as civil servants – and they fully assumed it.

Here is a first message from your patrons, students of the Falcone & Borsellino Promotion : Always think beyond the ‘technical’ daily responsibilities of your work about the wider responsibility you have for the fundamental values our democratic rule of law based societies are based upon – and act accordingly.

Secondly, your patrons have set an example as defenders of the legitimacy of the state:

In its most sophisticated forms – of which the Mafia is an example – organised crime does not challenge only the rule of law and justice but the state as such: Through its willingness to use massive violence and intimidation, through corruption and other favours it renders in exchange for compliant behaviour, it tries to control people and territory, assuming thus a state-like position. It will even impose, through racketing,  taxes like a state, sentences for non-compliance like a state and dispose of agents – in the Mafia they are called “soldiers” – which ensure compliance and carry out sentences like a state. It thus undermines not only the authority but also the very legitimacy of the state, making citizens doubt that the state can prevail and protect them, making some even seek protection, jobs and other favours from this perverted ‘state within the state’.

Falcone and Borsellino knew that the very legitimacy of state authority in Italy was at risk at a time when hundreds of murders had been committed with impunity, when the judiciary and the police forces appeared at least partially paralysed, when the political authorities were under suspicion of at least partial collusion with the Mafia. Francisco Goya has entitled one of his most famous etchings “The sleep of reason produces monster” (“El sueño de la razón produce monstruos”). One can surely say that the sleep – or shall I rather say simply the ineffectiveness – of the state also produces monsters. Your patrons saw the risk, they stepped into what was an emerging failure of the state to do all they could to restore the credibility and legitimacy of public authority prevailing over the destructive interests of a criminal organisation. In doing so they set an example for Italy, for Europe and the world. Falcone and Borsellino acted out of a sense of responsibility not only for their professional duties at hand but for the very role and nature of the state. The journalist Guiseppe Di Piazza has, I think, rightly identified a “strong sense of the state” (“un forte senso dello Stato”) at the core of Falcone’s commitment. Quite a few of their magistrate colleagues preferred to concentrate on their more immediate professional duties, and there were enough of other forms of crime to deal with – less problematic and less dangerous.

Thousands of alumni of the College of Europe have become civil servants at the regional, national, European or international level – and surely many of you will do the same. There is another message from your patrons for you, students of the Falcone & Borsellino Promotion : If ever you enter public service, in whatever position you may serve, always bear in mind that as a civil servant you have part of the very legitimacy of the public authority which you serve in your own hands and that your actions have a meaning of serving the common good well beyond the fulfilment of the detailed duties of your position.

Thirdly, Falcone and Borsellino also set an example as innovative civil servants:

The challenges posed by the Mafia had been fought in Sicily, in Italy, before Falcone and Borsellino, and there had been many courageous magistrates, police officers and politicians before, some of which had also lost their lives. As members of the “pool anti-mafia” of Palermo, Falcone and Borsellino knew that courage and dedication was not enough; that one also needed to think about new ways of responding to the challenge. And they did so by using bank transaction data for the first time extensively (which meant going through tens of thousands of financial transaction records) to trace the lifeblood of organised crime which is money; by treating the Mafia not as a lose assembly of criminals but – making full use of the concept of “criminal association” – as a fully-fledged criminal organisation; by using in a much more stringent way evidence from the “pentiti”; and by opening up new pathways of cooperation with European and US authorities to address the global reach of the Mafia. All this necessitated a thinking ‘outside of the box’, a willingness to depart from established procedures, the facing of criticisms from colleagues and superiors not convinced or even hostile to such departures – and a good deal of creativity.

Here again there is a message from your patrons, dear students: Whatever work you do or will do – always think about whether it cannot be done in a different and more effective way. It may not be easy, it may not make you friends everywhere, it may even have its setbacks, but it this is often the royal way to success – and to the personal satisfaction of having done more than just doing your job.

As human beings Giovanni Falcone and Paolo Borsellino also have set a huge example – and again in three respects:

Firstly, as regards personal courage:

From all what has already been said it should be clear how much personal courage was needed to engage in the struggle in the way they did: They had seen colleagues die in blasts and from bullets, and they knew that they themselves could be hit at any time, day or night, in the office, in the car, on the street or at home.  It is true that a lot was done to protect them: Falcone alone had a corps of 70 police officers for his protection from which he could chose each day eight at random. Their cars were armoured to resist the impact of heavy machine guns and hand grenades, their routes were constantly changed, and service jets were used for their air travel. But they knew what destructive power the Mafia could use, and what was perhaps worse, they knew that even those close to them, their wives or childen could be hit. Borsellino repeatedly also expressed his bad conscience about his escort officers who were also at constant risk of being maimed or killed. Persisting with one’s duties in the face of such threats requires an incredible amount of courage. Perhaps even more than that of a soldier in a war, because he – at least – will face the risk of being maimed or killed only at the moment of battle, and get a respite from it at the long intervals in between or at times of peace. Falcone and Borsellino did not get a respite from the threats they were under for the final twelve years of their lives!

So here is another message: There may be moments in your career where you may need courage – think then about the one your patrons needed. Hopefully you will never need anything coming close to it.

Secondly, your patrons set an example as regards personal sacrifice:

To have courage in the sense of accepting personal risks for a cause is one thing. To sacrifice your time, personal circumstances and feelings for a cause is another. This Falcone and Borsellino did, and on a huge scale: Living under protection means that you are not any longer free in your movements: You cannot any longer go simply for a walk in a street, go shopping, go to a bar or restaurant, or go in any other respect your own ways. You may have a strong desire to do so if you work already in a  “bunker” of reinforced concrete without external windows as your patrons did – but you cannot at the peril of your life and at the risk of causing panic amongst your escort. So you sacrifice a substantial part of your life and freedom, day by day, night by night, year in, year out – and you know that the passing of time, unforgiving as it is, will never give you back what you lose in terms of quality of life. And think about what it means for your family – they will be exposed to sacrifices for a choice you made. If this were not yet enough, Falcone and Borsellino were also exposed to another sacrifice, that of accepting – for the sake of their mission – to attacks on their moral integrity: Just think a moment how it feels to be accused of having put into scene a bomb attack on yourself just for the sake of personal glory after having gone for years already through the ordeal of constant threat. Just imagine how it feels to be accused of all sorts of base motives for doing what you think is your duty, with very little, if any, support from the public authorities you are serving? How would one not be tempted to say: ‘now it is enough, I throw in the towel, and they can find another one to do the job for them.’ It is the fact that your patrons did not do that which shows how far their sense of personal sacrifice went: It may be much easier to accept sacrifices of time and life circumstances than accepting the denigration of your moral integrity for doing so.

I dare not even to say that there is a message for you here – because I hope that you will never be exposed to making similar choices about personal sacrifices.

Thirdly and finally, Falcone and Borsellino have set an example as regards the force of a friendship:

You know already that the struggle of your patrons was at times a very lonely one. But they had their friendship – and that with a few other colleagues – which helped them to sustain the pressure. If you have assumed a heavy professional challenge – and Falcone and Borsellino certainly did – it will surely help a lot if one or more colleagues share your vision, your dedication and your willingness to accept sacrifices. You will also feel less alone if you find yourself unfairly put into question. Giovanni and Paolo were rather different as persons – Giovanni was more extrovert, with an occasional weird sense of humour, had more of a leader in himself, could be sharp and demanding towards colleagues; Paolo was more introvert, more reflective and tolerant, and they had different political views – but in most respects these differences were complementary, and seem to have only increased their mutual esteem and personal friendship.

During this year at the College, I am sure, many friendships will be formed amongst yourselves, and I hope that many will last a lifetime. They will bring a lot both to your personal life and even to your professional life. I think – and this is the last message we take from them – that you would have had the full blessing of your patrons de promotion for that – the friends Giovanni and Paolo.

I would like to end these evocations of and reflections on your patrons with a reminder that we should not forget the human beings behind all the example they have set. The image of Giovanni and Paolo should not freeze into that of remote heroes on a pedestal:

Falcone liked many of the nice little things in life, going for a swim in the sea, having a nice meal, serving his colleagues after a long day of work a glass of a malt whiskey out of a bottle kept in one of the armoured cupboards in the “bunker” under the Palermo Palace of Justice. He enjoyed using the first computer terminals put into his office, and had as his password – a little indication of his energy – “Avanti”. He also liked to drive himself, and when his convoy was hit on that fateful day in May 1992 he was in the driving seat of his armoured car, with his driver – who survived – in the back of the car. Borsellino was a very dedicated father to his three children, and still a few hours before his assassination he was greatly relieved to hear from his youngest daughter that she had safely arrived on a student trip to Jakarta. He also liked the sea a lot – and occasionally went out from the family home in Villagrazia all alone on a small boat wide out into the sea, to the mounting concern of his escort officers trying to keep track of his boat.  And yes, in spite of all the pressures they were under, they found still occasions to exchange jokes and smile – as you can see them on the photo which we chosen for your promotion.

Giovanni and Paolo lived their lives to the full, but their lives were short-cut.  You – students of the Falcone & Borsellino Promotion – by carrying their name will contribute to ensure that they live on.

Be worthy of them.

 

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