L’UE et l’Afrique: une vieille histoire de commerce, aide et influence

Africa - Burkina FasoL’Union européenne (UE) veut devenir un acteur global. Elle le répète comme un mantra dans ses déclarations officielles et officieuses et elle est passée à l’acte au moyen du fameux Traité de Lisbonne (décembre 2009), qui réforme ses structures et instruments pour mieux contribuer à cette fin. Dans un monde complexe, interdépendant et aux changements ultra-rapides, les dirigeants politiques européens ont besoin d’une action extérieure unifiée et cohérente pour contrer l’influence grandissante de nouveaux pouvoirs extrêmement compétitifs.

Certes, ce projet ambitieux reste loin d’être une réalité, et aujourd’hui la politique extérieure de l’UE est surtout la somme des celles de ses Etats membres. Mais il est vrai aussi que les agissements du bloc européen dans sa quête d’autonomie et de visibilité internationales sont déjà marqués par certains traits identitaires distincts. Premièrement, dépourvue de puissance militaire propre et réticente à faire usage de la force, l’UE a été décrite comme une puissance «civile». Deuxièmement, l’activité engageant la plus grande partie des ressources de l’UE au-delà de ses frontières est le commerce. Troisièmement, cette puissance consolidée sur la base d’un passé colonial peu glorieux a entrepris depuis ses origines de travailler pour un ordre économique international plus équitable. Ensemble, la Commission européenne et les 27 pays membres de l’UE sont ainsi devenus le plus grand donneur mondial d’aide au développement.

Ces trois dimensions caractéristiques (diplomatie, commerce et développement) se retrouvent très clairement, entre autres, dans les politiques de l’Union envers les pays dits «ACP» (d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique). Ainsi, les relations postcoloniales de l’UE avec ces derniers dépeignent un acteur très puissant (les négociations en résultent souvent déséquilibrées), axé sur le commerce et affichant une volonté de coopérer pour le développement de ses partenaires, mais aussi grandement influencé par des inquiétudes sécuritaires et géopolitiques plus ou moins voilées. En outre, souvent éclipsée par les objectifs hétérogènes des gouvernements européens, l’UE n’agit toujours pas comme un acteur unique à l’égard de l’Afrique.

Sur cette toile de fond, vers où transitent les relations de l’UE avec son voisin africain? La réponse est incertaine, mais les prochaines décennies risquent d’amener de grandes transformations, en phase avec les réalités d’un monde nouveau.

Claudia Zulaika est Assistante Académique au sein du Département d’Etudes en Relations Internationales et Diplomatie du Collège d’Europe.

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